Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), ici à Metz le 18 janvier 2012

Il avait promis de reprendre la Bastille et il l’a fait. Le tribun Mélenchon, ancien ministre socialiste s’était fixé un objectif de taille : organiser un immense rassemblement sur la place légendaire des révolutionnaires de France. Aujourd’hui, le Front de gauche revendique 120 000 personnes. Pari gagné !

C’est six fois plus que le meeting de François Hollande au Bourget et presque le double de Sarkozy à Villepinte. Entouré des responsables de partis de gauche, Jean-Luc Mélenchon, dont les intentions de vote ont augmenté de 100% en quelques mois, a envoyé un message clair aux deux favoris : l’animal politique n’est pas mort. Il veut une sixième République, « en finir avec l’ancien régime » afin de « redonner la parole au peuple ». Le mot de populiste ne lui fait pas peur, « si c’est aimer le peuple alors je le suis », lançait-il à Metz en janvier dernier. Bien qu’il se défende de vouloir gêner François Hollande, l’eurodéputé n’aide en rien son concurrent socialiste. « Si Mélenchon monte, c’est Hollande qui baisse, pas Sarkozy », confient des militants socialistes. Plus à l’aise à la télévision, en meeting et plus proche du peuple, le candidat Front de gauche-Parti Communiste rêve aujourd’hui d’être le troisième homme. Et pourquoi pas le deuxième… Mais aux dépens de qui ?

Sarkozy a Bayrou et Hollande à Mélenchon. C’est ainsi que l’on pourrait résumer la situation. Chaque bord à son encombrant dans les jambes. Le président du Modem stagne dans les sondages mais JLM ne fait qu’augmenter, laissant pour presque morts ses adversaires d’extrême gauche. Rue de Solferino, on doit scruter les scores de l’ancien allier, surtout lorsqu’Hollande est en chute libre sur la même période (-12 points en un an). La confiance de Mélenchon est telle qu’il semble improbable qu’il y ait un ralliement avant le premier tour. Le PS a donc un nouvel adversaire de taille qui peut pourtant prétendre à un poste alléchant après l’élection.

La Bastille aura donc été l’un des premiers vrais tournants de la campagne. L’avenir nous dira a qui elle aura profité…

Anthony Rivat